Matières Premières : La trève prend fin, le détroit d'Ormuz se referme
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20 juillet 2026
Matières Premières : La trève prend fin, le détroit d'Ormuz se referme
salle des marchés
Sous l'impact de la reprise des hostilités US-IRAN, le Brent est passé à plus de 90 USD / bbl le 20 juillet. Le TTF a grimpé à 58,42 EUR / MWh. Le prix français de l’électricité a culminé à 87,09 EUR / MWh à cause de la canicule. Le EUA Phase 4 est resté autour de 79 EUR, avec des réformes ETS qui élargissent le champ d’application. Le cuivre reste à un niveau élevé grâce à la demande technologique et un stock physique limité. L’or a reculé de 2,5 % à 4,017 USD / oz sous la hausse du dollar et les anticipations de hausse des taux. Le blé Meunier a bondi de +8,5 % à 234,75 EUR / t, un niveau inédit depuis février 2025, alimenté par les blocages portuaires ukrainiens. Le cacao a perdu 8% à cause des pluies en Côte d’Ivoire et d’un El Niño intense. Le café Arabica perd plus de 4 % après la reprise des exportations brésiliennes, tandis que le sucre a limité sa chute à –0,34 % après l’augmentation du dosage d’éthanol au Brésil, rendant les biocarburants plus attractifs à l'export.
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Énergie
Semaine 29 de l’année 2026, retour vers l'embrasement énergétique :
L’ensemble des cours européens a connu une forte dynamique au cours de la dernière dizaine, portée par l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et par la recrudescence de la demande saisonnière liée à la vague de chaleur qui a traversé l’Europe en juin. Le pétrole Brent, l’un des baromètres les plus sensibles aux aléas du détroit d’Ormuz, a quitté les 76 USD / bbl du 10 juillet pour franchir les 88 USD / bbl le 17 juillet, avant de se stabiliser autour de 88 USD / bbl le 20 juillet, soulignant le risque persistant d’interruption des flux pétroliers.
Pétrole
Le Brent a surperformé les attentes après que de nouvelles frappes américaines contre l’Iran ont ravivé les craintes d’une perturbation du transport maritime via le détroit d’Ormuz. Le contrat à terme de septembre a dépassé les 90 USD / bbl le lundi 20 juillet, reflétant la prime de risque liée aux tensions. Parallèlement, le premier contrat ICE Gasoil a enregistré une progression soutenue, passant de 983 USD / mt le 10 juillet à 1 144 USD / mt le 17 juillet, pour rester à 1 144 USD / mt le 20 juillet. Cette hausse s’est traduite par une anticipation de pénuries de produits dérivés du pétrole dans la région et par un resserrement des marges raffinage, les raffineries européennes ajustant leur production en faveur du diesel, plus rentable, au détriment de l’essence.
Gaz naturel
Le contrat front month du TTF a progressé de 48,66 EUR / MWh le 10 juillet à 57,40 EUR / MWh le 17 juillet, pour toucher 58,42 EUR / MWh le 20 juillet, soit une hausse de plus de 20 % en dix jours. Cette envolée s’explique par la montée des craintes de perturbation des flux de GNL suite aux attaques américaines contre l’Iran et à l’intensification du blocus naval. Le marché européen du gaz a atteint son plus haut niveau en quatre mois, dépassant les 60 EUR / MWh le 20 juillet, alors que les prévisions de l’IEA indiquent une contraction de la demande mondiale de gaz de 0,5 % en 2026.
Électricité
La forte chaleur de juin a provoqué une hausse massive de la consommation d’électricité dans l’ensemble de l’Union européenne. Le prix du front month du marché français a bondi de 70,99 EUR / MWh le 10 juillet à 85,27 EUR / MWh le 17 juillet, pour atteindre 87,09 EUR / MWh le 20 juillet. Le pic de consommation a été nourri par une vague de canicules qui a fait remonter la demande de climatisation à des niveaux jamais vus depuis 2022, tandis que la production solaire record du deuxième trimestre (129 TWh) contribuait à des périodes de prix négatifs sur certains marchés.
Émissions de carbone
Le prix du EUA Phase 4 a oscillé autour de 78 EUR / mt tout au long de la période, clôturant à 79,00 EUR / mt le 20 juillet après une légère reprise. Le 16 juillet, la Commission européenne a annoncé un assouplissement du taux de réduction annuel du cap de l’ETS et un allègement de la réserve de stabilité du marché (MSR) pour la prochaine décennie, dans le but de limiter l’impact sur les industries tout en maintenant la pression carbone. De plus, le 17 juillet, Bruxelles a présenté un paquet de réformes visant à réduire les échappatoires des navires qui contournent le système d’échange de quotas d’émission (ETS), élargissant le champ d’application aux petites embarcations et redéfinissant les « ports d’évitement ».
Métaux
Des métaux de base sur le palier
Sur la dernière semaine, le cours de l’aluminium au London Metal Exchange (LME) est resté sous pression, évoluant autour de 3 150 $/t et malgré une légère hausse (+0.35%) sur les 5 derniers jours. Cette faiblesse prolonge le repli observé depuis les sommets atteints en juin, même si les prix restent près de 19 % supérieurs à leur niveau d’il y a un an. Cette évolution s’explique principalement par un retour des marchés à des fondamentaux plus classiques. La prime de risque liée aux tensions au Moyen-Orient s’est progressivement estompée, tandis que la demande industrielle, notamment en Chine, demeure modérée et que les achats des consommateurs restent prudents. Par ailleurs, la reprise progressive de certaines capacités de production d’alumine a contribué à rassurer le marché sur l’offre disponible. À plus long terme, le marché conserve toutefois un biais relativement solide. Les stocks d’aluminium enregistrés dans les entrepôts du LME poursuivent leur baisse, signe que le marché physique reste relativement tendu, ce qui limite l’ampleur de la correction des prix malgré un contexte macroéconomique plus prudent.
S’agissant du cuivre, on observe un mouvement de palier haut qui traduit une situation prise entre une pression baissière de prise de bénéfice et de faiblesse de la demande industrielle, et une pression haussière dû au niveau faible du stock physique et des perspectives long terme anticipant une forte demande techno et électrique.
Des précieux en baisse.
Entre le 10 et le 17 juillet, l’or a reculé d’environ 2,5 %, passant de près de 4 120 $/oz à près de 4 017 $/oz, ce qui constitue sa plus forte baisse hebdomadaire depuis début juin. Cette baisse s’explique principalement par le renforcement du dollar et la remontée des anticipations de hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine. Les tensions persistantes au Moyen-Orient ont alimenté la hausse des prix du pétrole et les craintes inflationnistes, conduisant les marchés à anticiper une politique monétaire plus restrictive. Or, des taux d’intérêt plus élevés réduisent l’attractivité de l’or, qui ne génère pas de rendement, ce qui a pesé sur son cours malgré son statut de valeur refuge.
Agriculture
Menace sur les grains : le blé s'emballe sous la pression des conflits
Le contrat Blé Meunier pour livraison Septembre a terminé la semaine en très forte de +8.55% à 234.75 euros/tonne, un niveau de prix pas observé depuis Février 2025. Le marché du blé traverse une phase de forte turbulence, caractérisée par une volatilité bidirectionnelle. Après avoir atteint un sommet de deux ans, les cours ont subi des prises de bénéfices et des corrections techniques, illustrant un arbitrage complexe entre tensions géopolitiques et fondamentaux commerciaux.
L'incertitude géopolitique demeure le principal catalyseur haussier. L'intensification des frappes russes et ukrainiennes sur les infrastructures portuaires (Chornomorsk, Odessa, Pivdennyi) et les navires de commerce menacent de gripper l'artère vitale de l'approvisionnement mondial. L'Ukraine a déjà perdu environ un tiers de sa capacité d'exportation via la mer Noire, un choc d'offre qui fait peser un risque réel d'inflation alimentaire globale, avec une menace collatérale sur les flux d'engrais. Alors que la crise initiale portait sur la crainte d'une baisse de la production mondiale (risques de récoltes), le marché de 2026 est désormais principalement piloté par les risques de rupture logistique et l'intégrité des flux d'exportation.
Le café, le sucre et le cacao terminent la semaine en baisse
Le contrat Cacao londres pour livraison Septembre affiche ici sa plus forte perte hebdomadaire depuis Février (-14.12%), reflétant des fluctuations extrêmes alimentées par des craintes d’approvisionnement liées aux pluies en Côte d’Ivoire et à un El Niño potentiellement sévère. Mais la demande reste hétérogène : l’Europe enregistre son plus bas niveau de transformation depuis 2020, tandis que l’Asie et l’Amérique du Nord affichent des volumes supérieurs aux attentes. Cette dualité entre risques climatiques d’offre et déséquilibres de demande place le cacao au cœur d’une instabilité que les acteurs du marché surveillent de près.
Les contrats à terme sur le Café Arabica ont reculé de plus de -4% après que le Brésil a affiché une reprise des exportations de café vert, indiquant l’arrivée imminente d’une récolte record qui compense les retards climatiques de l’année. La décision américaine d’appliquer de nouvelles taxes de 25% tout en maintenant l’exemption du café vert préserve jusqu’à 2,5 milliards de dollars d’échanges, limitant l’impact négatif sur les prix. En dépit de la volatilité récente, les stocks faibles et les perspectives d’une offre abondante tendent à stabiliser le marché à moyen terme.
Enfin, le contrat Sucre #11New-York limite les pertes et termine les cinq derniers jours en baisse de -0.34%, retenu par l’annonce brésilienne d’un dosage obligatoire d’éthanol porté à 32%, un changement qui devrait réorienter la canne à sucre vers la production d’éthanol et réduire les importations de carburant. Cette décision arrive dans un contexte où le renforcement du prix du pétrole rend les biocarburants plus attractifs.
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