H Company : l’IA agentique made in France
Et si vos équipes pouvaient se concentrer uniquement sur ce qui nécessite leur expertise pendant que l'intelligence artificielle gère le reste ? H Company a levé 220 millions d'euros pour développer des agents capables d'utiliser n'importe quel logiciel comme le ferait un humain, sans le modifier. Une approche sans équivalent sur le marché, décryptée dans ce nouvel épisode de « 40 Nuances de Next », produit par FeuilleBlanche en partenariat avec BNP Paribas.
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L'impact de l'IA ne doit pas se mesurer qu'en euros, mais aussi en 'heureux'. Si on rend deux fois plus de temps aux médecins, on a gagné.
40 Nuances de Next : des conversations pour décider mieux
“40 Nuances de Next” est un podcast produit par FeuilleBlanche, spécialiste des médias et récits stratégiques pour les marques. À chaque épisode, Thomas Benzazon, cofondateur de FeuilleBlanche, reçoit un entrepreneur ou un dirigeant tech pour une conversation de fond sans langue de bois. Dans cet épisode en partenariat avec BNP Paribas, il est rejoint par Florent Garcia, Directeur du Centre d’Affaires Tech & Innovation de BNP Paribas et de WAI by BNP Paribas, le dispositif d’accompagnement des start-ups de la banque.
L'invité : Gautier Cloix, CEO de H Company, la start-up française d'IA qui développe ce qu'elle appelle des “androïdes logiciels”. Une conversation qui va bien au-delà de la performance technologique et qui pose des questions concrètes pour tout dirigeant qui réfléchit à sa transformation numérique.
Une IA qui voit votre écran et fait le travail
Pour comprendre ce que fait H Company, oubliez les assistants conversationnels et les chatbots. Ce que développe Gautier Cloix, c'est une intelligence artificielle capable de regarder un écran, de comprendre ce qu'elle voit, et d'interagir avec n'importe quel logiciel exactement comme le ferait un collaborateur humain, en cliquant, en naviguant, en saisissant des données.
La subtilité est là : cette IA n'a besoin d'aucune intégration technique dans vos systèmes existants. Elle n'exige aucune API, aucune refonte de vos outils. Elle apprend à utiliser un logiciel de 2005 aussi bien qu'une application récente, en français comme en chinois, en comprenant qu'une flèche à gauche dans un calendrier signifie “mois précédent”. C'est ce que Gautier Cloix appelle le “Computer Use”, et c'est précisément ce qui n'existe pas encore ailleurs sur le marché.
L'ambition derrière cette technologie est simple à formuler : rendre aux professionnels le temps que les tâches administratives répétitives leur volent chaque jour. Gautier Cloix prend l'exemple des soignants, devenus selon lui des “esclaves administratifs”, pour illustrer un problème qui touche en réalité tous les secteurs.
Des agents qui s'organisent entre eux et avec vous
H Company construit ce que Gautier Cloix appelle des “fermes d'agents”, des systèmes où plusieurs agents travaillent en parallèle, s'organisent et se supervisent mutuellement, pendant qu'un humain conserve la main sur les décisions qui comptent.
L'architecture est en trois niveaux : un agent exécute, un agent contrôle, un humain valide. Ce modèle répond à une question que tout dirigeant devrait se poser : quelles tâches puis-je déléguer sans risque à des agents pour recentrer mes collaborateurs sur ce qui crée vraiment de la valeur ? C'est à partir de cette question que la transformation devient concrète, mesurable, et maîtrisée.
Partir du problème métier
Ce qui distingue H Company de la grande majorité des startups deeptech, c'est l'ordre dans lequel elle aborde les choses. Avant de parler technologie, Gautier Cloix commence par le problème métier. C'est un principe qu'il a forgé au cours de dix ans passés à appliquer l'analyse de données dans des secteurs critiques — renseignement, aéronautique, industrie lourde — et qu'il considère aujourd'hui comme non négociable.
Pour les dirigeants qui évaluent des partenaires technologiques, c'est un critère de sélection aussi simple qu'essentiel : un fournisseur qui commence par comprendre votre réalité opérationnelle avant de vous présenter sa solution vaut infiniment plus qu'un fournisseur qui cherche un problème à sa technologie.
Reprendre une entreprise après une crise
Gautier Cloix prend la tête de H Company après le départ des fondateurs, une situation délicate, dans une entreprise sous les projecteurs. Il hérite d'une technologie qu'il qualifie de “diamant brut” et d'une équipe qui attend un cap.
Son premier geste n'est pas un grand discours fondateur. Ce sont des bières, une partie d'échecs, et beaucoup d'écoute. Son premier vrai chantier : faire pivoter l'entreprise d'une logique de recherche pure, avancer sans destination définie, vers une logique produit orientée client. Répondre à un besoin réel, livrer, itérer, recommencer.
Pour tout dirigeant qui a vécu une reprise, une fusion ou une période de turbulences managériales, ce récit résonne. La légitimité se construit par la clarté du cap et la qualité de la présence quotidienne.
Souveraineté et sobriété : l'Europe compétitive par la contrainte
Sur la souveraineté numérique et l'empreinte environnementale de l'IA, Gautier Cloix ne cherche pas l’esquive. L'IA consomme massivement (eau, électricité, infrastructure).
Sa thèse : la contrainte crée la vertu. Faute de pouvoir faire tourner des clusters de calcul pharaoniques, les acteurs européens sont poussés à construire des modèles plus petits, plus efficaces, capables de tourner sur un ordinateur. Moins gourmands, plus déployables dans des contextes contraints, à l'hôpital, dans une usine, dans un réseau de points de vente.
C'est une hypothèse de compétitivité sérieuse, et c'est exactement le type de raisonnement que BNP Paribas cherche à faire connaître à ses clients : des technologies qui tiennent compte des contraintes réelles des entreprises françaises et européennes.
Grands comptes aujourd'hui, PME demain
Gautier Cloix est transparent sur l'état du déploiement : H Company cible aujourd'hui les grands comptes (banques, opérateurs télécoms, acteurs de la santé). L'IA agentique demande encore du sur mesure, un temps d'intégration, et une maturité organisationnelle que toutes les structures n'ont pas encore.
Les PME et ETI viendront dans un second temps, quand les modèles seront suffisamment standardisés pour être déployés sans accompagnement lourd. Pour leurs dirigeants, le message est clair : le sujet est réel et il arrive vite. Observer ce que font les grands comptes aujourd'hui, c'est anticiper ce qui sera accessible à tous dans deux ou trois ans et s'y préparer avec une longueur d'avance.
BNP Paribas et WAI : être là avant que ce soit évident
La participation de Florent Garcia à cet épisode illustre une posture que BNP Paribas a clairement choisie. WAI by BNP Paribas est le dispositif d’accompagnement des start-ups tech : un dispositif qui maintient BNP Paribas en prise directe avec les ruptures technologiques.
L'accompagnement le plus utile commence quand les décisions structurantes se prennent, bien avant que la technologie soit mature. C'est à ce moment-là qu'une banque peut faire une vraie différence, en éclairant autant qu'en finançant.
Ce qu'il faut retenir
- H Company développe des agents IA qui utilisent vos logiciels existants sans les modifier — une approche sans équivalent sur le marché aujourd'hui.
- Partir du problème métier avant la technologie reste le critère le plus fiable pour choisir un partenaire IA.
- La contrainte budgétaire européenne pousse vers des modèles plus sobres et plus déployables — un avantage compétitif concret.
- Les PME et ETI ont intérêt à se préparer maintenant : ce qui se déploie chez les grands comptes aujourd'hui sera accessible à tous dans deux ou trois ans.
- Mesurer l'impact de l'IA en qualité de vie au travail, et pas seulement en productivité, change profondément les décisions d'investissement.